Cybercriminalité : comment la Gendarmerie s’adapte à une menace en constante évolution
Une menace qui évolue plus vite que jamais
Longtemps perçue comme une criminalité à part, la cybercriminalité est désormais une réalité quotidienne. Escroqueries en ligne, usurpations d’identité, fraudes bancaires, attaques informatiques contre les entreprises ou les collectivités : les menaces numériques se multiplient et touchent désormais l’ensemble de la société.
Face à cette évolution, la Gendarmerie nationale poursuit l’adaptation de ses moyens humains, techniques et opérationnels afin de protéger les citoyens, les institutions et les entreprises.
Le Rapport annuel sur la cybercriminalité 2026 du ministère de l’Intérieur confirme cette tendance avec plus de 453 000 atteintes numériques enregistrées en France en 2025, soit une hausse de 87 % sur les cinq dernières années.
Des cybercriminels de plus en plus organisés
L’image du pirate informatique isolé derrière son écran est aujourd’hui largement dépassée.
Les enquêtes menées par les services spécialisés montrent que la cybercriminalité fonctionne désormais selon des modèles particulièrement structurés :
- vente de données personnelles ;
- rançongiciels ;
- usurpations d’identité ;
- fraude bancaire ;
- plateformes criminelles spécialisées ;
- services cyber vendus « clé en main ».
Les groupes criminels utilisent des outils toujours plus performants et exploitent les nouvelles technologies pour augmenter leur efficacité.
Cette professionnalisation impose aux forces de sécurité intérieure une adaptation permanente.
Une Gendarmerie engagée dans le cyberespace
La lutte contre la cybercriminalité constitue aujourd’hui l’un des grands enjeux de sécurité intérieure.
Au sein de la Gendarmerie nationale, plusieurs structures spécialisées sont mobilisées quotidiennement :
- le Commandement de la Gendarmerie dans le cyberespace (ComCyberGend) ;
- le Centre de lutte contre les criminalités numériques (C3N) ;
- les cyber-enquêteurs présents sur l’ensemble du territoire ;
- les réservistes spécialisés dans les métiers du numérique.
Leur mission ne se limite pas aux investigations judiciaires.
Ils participent également à :
- l’identification des nouvelles menaces ;
- la protection des infrastructures sensibles ;
- l’accompagnement des victimes ;
- la sensibilisation du grand public ;
- la coopération internationale contre les réseaux criminels.
L’intelligence artificielle, un nouveau défi
Comme l’ensemble des acteurs de la cybersécurité, la Gendarmerie doit désormais intégrer l’émergence de l’intelligence artificielle dans son analyse des menaces.
Les cybercriminels utilisent déjà certaines solutions d’IA pour :
- automatiser des campagnes d’hameçonnage ;
- améliorer la qualité des fraudes ;
- générer de faux contenus ;
- contourner certains dispositifs de sécurité.
Face à ces évolutions, les services spécialisés développent eux aussi de nouveaux outils d’analyse et de détection afin de conserver leur capacité d’anticipation.
L’objectif reste inchangé : protéger les citoyens tout en conservant une longueur d’avance sur les modes opératoires criminels.
17Cyber : un réflexe à connaître
Afin de simplifier l’accompagnement des victimes, les forces de sécurité intérieure participent au dispositif national 17Cyber.
Accessible 24h/24 et 7j/7, ce service permet :
- d’identifier rapidement une menace ;
- d’obtenir des conseils adaptés ;
- d’être orienté vers les services compétents ;
- de faciliter la prise en charge des situations les plus sensibles.
Pour les gendarmes comme pour leurs proches, connaître ce dispositif constitue désormais un réflexe utile dans un environnement numérique toujours plus complexe.
Les gendarmes, premiers ambassadeurs de la prévention
La lutte contre la cybercriminalité ne repose pas uniquement sur les unités spécialisées.
Chaque militaire est aujourd’hui un relais essentiel de prévention auprès de son entourage, de sa famille et de la population.
Par leur expérience du terrain et leur connaissance des risques, les gendarmes contribuent quotidiennement à développer une véritable culture de cybersécurité.
Cette mission de prévention est devenue un complément naturel des missions historiques de protection des personnes et des biens.
Une mission qui continuera de prendre de l’importance
Les chiffres du Rapport annuel sur la cybercriminalité 2026 montrent clairement que le cyberespace est devenu un terrain d’action majeur pour les forces de sécurité intérieure.
Face à des menaces toujours plus nombreuses et plus sophistiquées, la Gendarmerie poursuit sa transformation afin de répondre aux défis de demain.
Au-delà de la technologie, ce sont surtout les femmes et les hommes engagés au service de la population qui constituent la première force de cette adaptation permanente.
Plus que jamais, la sécurité se joue aussi dans le cyberespace.